Extrait du chapitre 3 de Maëlle et le miroir magique

L

a vie commençait à reprendre son cours normal. Au bout de quinze jours, la neige avait enfin fondu. Non sans mal. Que ce soit au Pays des Senteurs ou en haut, tout était humide et boueux. Les transports en commun avaient repris et l’école était rouverte. Pendant ces quinze jours, Maëlle avait essayé d’en apprendre d’avantage sur le lac et avait tenté à plusieurs reprises d’interroger sa grand-mère là-dessus mais sans succès. Les analyses du docteur Stephen étaient revenues presque bonnes. En effet, la neige n’était pas toxique mais tout de même impropre à la consommation. L’eau restait potable également. Il n’y avait donc aucune inquiétude à avoir. Les enfants, ce week-end, avaient profité de la fonte des neiges pour nettoyer à grandes eaux la maison de l’étang. Elle reluisait de la cave au grenier. Maëlle était contente. Elle avait trouvé dans une malle dans une petite chambre au fond de la maison, les vêtements de sa mère quand elle était enfant. Elle avait trouvé également un beau miroir à main en argent ciselé. Il était de forme ovale avec de belles arabesques sur son pourtour. Maëlle le retourna et s’aperçut qu’il était lisse au dos. Elle fut presque déçue car elle s’attendait à y trouver une inscription. Elle le tenait fermement par le manche torsadé fini pas un bouchon en forme de larme. Malgré la poussière qui recouvrait tout dans la maison, le miroir était étincellent. Elle avait supposé qu’il appartenait à sa grand-mère et passait son temps à le regarder dès qu’elle rentrait dans la maisonnette. Cet objet l’hypnotisait. Constant lui avait proposée de le ramener chez elle mais elle avait refusé prétextant qu’elle ne voulait pas risquer de le perdre. En fait, c’était surtout parce qu’elle voulait être sûre de ne pas passer son temps à le regarder. Elle allait reprendre l’école et devait se concentrer sur ses leçons. Lucie, sa mère, était toujours aussi sévère et la seule façon pour elle de pouvoir aller au Pays des Senteurs comme elle le voulait, c’était d’avoir des bonnes notes en classe. C’était la condition sine qua non. Une mauvaise note était sanctionnée aussitôt par une interdiction de sortie pendant le week-end. Sa mère l’avait prévenue dès qu’elle avait été au courant pour le pays. Elle avait là, un sérieux moyen de pression et n’hésitait pas à s’en servir. Maëlle avait donc préféré laisser le miroir où elle l’avait trouvé. Cela valait mieux.

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