Maëlle et le miroir magique : extrait du chapitre 1

Comme elle le faisait régulièrement, Maëlle sortait de chez elle en courant pour éviter d’avoir à faire ses corvées et retrouver ses nouveaux amis. Même si sa mère avait enfin accepté l’existence des senteurins et s’était réconciliée avec sa mère Célia, elle était toujours très stricte avec sa fille. La discipline et les études restaient l’axe principal d’éducation de cette maman qui ne laissait rien passer pour le malheur de la fillette. Elle était du coup, obligée de mentir et de désobéir régulièrement. Même si elle était réconciliée avec l’école depuis son entrée au collège et sa rencontre avec monsieur Toselle, professeur de mathématiques et madame Poisbleus, professeur de biologie, elle n’en restait pas moins une petite fille très rêveuse qui préférait avant tout s’amuser.

Comme d’habitude donc, elle partait rejoindre Constant, son ami senteurin, chez lui. Ils verraient ensuite ce qu’ils allaient faire de leur après-midi. Contrairement à elle, le jeune homme avait cours cette semaine. Mais, on était mercredi et il n’avait pas classe ce jour-là. Ils pourraient ainsi s’amuser longtemps. Ce que Maëlle ne savait pas, c’est que Constant avait fait une découverte et lui réservait une bonne surprise.    En effet, en arrivant là-bas, une première surprise de taille l’attendait. Il neigeait également au Pays des Senteurs. Pas une neige toute blanche mais une neige irisée toute fine. Tout le pays brillait de mille feux. Maëlle, qui avait caché ses beaux cheveux châtains sous un bonnet blanc pour les protéger de la neige, s’apprêtait à l’enlever mais se ravisa aussitôt. Elle mit quelques minutes avant que ses yeux ne s’habituent à cette lumière éclatante. Elle ne distinguait plus l’horizon. Le paysage tout entier avait cette même couleur. Décidemment, ce monde ne cesserait jamais de la surprendre. Constant arriva au-devant d’elle en piaffant de joie. Ses cheveux blonds mouillés dégoulinaient sur ses épaules. Eux qui étaient ondulés et semblaient flottés dans les airs d’habitude, étaient complètement plaqués à son visage et commençaient à givrer. Cela devait faire un moment qu’il attendait sous la neige vu son état et ses joues rougies par le froid. De la vapeur sortait même de sa bouche et de son nez lorsqu’il expirait. Il paraissait surexcité mais ses pas étaient mal assurés sur cette neige. Il ne devait pas avoir l’habitude de se déplacer dans ces conditions. Maëlle en fut amusée car pour une fois elle aurait meilleur équilibre que lui.

Laissez un commentaire