Extrait chapitre 1 de Maëlle et les gardiennes des sortilèges

La fin des vacances d’été était douce pour Maëlle. Cette jeune fille brune aux yeux bleus respirait la joie de vivre. Elle regardait son ami Constant avec envie. En effet, ce jeune garçon, dont les cheveux blonds comme les blés frôlaient ses épaules, avait la chance d’avoir une maman pâtissière et surtout il avait le plaisir de vivre au Pays des Senteurs. Maëlle avait fait la rencontre des Senteurins au début du printemps durant un violent orage. Elle se trouvait à proximité d’un vieux chêne enchanté lorsqu’un éclair avait interrompu un charme et avait fait apparaître une grotte secrète qui servait de passage secret menant à ce pays. Un monde merveilleux qui fascinait la jeune fille. C’est là, dans une immense usine argentée, qu’étaient fabriquées les huiles essentielles et toutes les odeurs que pouvaient sentir les gens de son monde. Grâce à cette rencontre, elle avait pu mettre à jour un complot destiné à détruire ce pays. Elle avait surtout découvert une autre façon de voir le monde avec tous ses sens et une autre cuisine. Elle, qui ne le connaissait que depuis peu de temps, n’avait pas l’habitude d’une telle profusion de goûts et d’odeurs. A présent, la cuisine de sa mère lui paraissait banale. Elle l’aimait, bien entendu, mais la cuisine d’en haut manquait d’imagination. Et sa mère était avant tout une agricultrice pas une cuisinière ou une pâtissière réputée comme la mère de Constant. Sa mère n’utilisait pas une aussi grande variété d’aliments et d’épices.

Ce vingt-sept août était le jour de l’anniversaire du jeune garçon. C’était un adolescent courageux qui avait su prouver sa valeur à la fillette quelques jours avant en venant à son secours. Il était heureux d’avoir une grande fête d’anniversaire. Sur la table de la salle à manger en chêne massif, Hortense avait disposé deux énormes gâteaux. Celui qui était orné de quinze bougies en forme d’animaux étincelants, était une forêt noire très parfumée. Maëlle avait rapporté la recette pendant son séjour au Pays des Senteurs et c’était devenu le dessert préféré du garçon. Hortense avait également tenu à faire une pièce montée avec des petits choux farcis à la surprise du chef nappés de caramel. Chaque chou était garni avec une crème différente : chocolat, violette, coquelicot, fraise, rhubarbe, géranium, etc. Maëlle et Constant, qui étaient très gourmands, en salivaient d’avance. La plus impatiente pour les pâtisseries était la jeune fille. Constant, lui, avait surtout hâte d’ouvrir ses cadeaux. Tout à fait normal pour un jeune homme de quinze ans. Il passait son temps à regarder les paquets et son amie avec une lueur pleine de malice dans ses beaux yeux bleus, ce qui fit sourire Maëlle qui retenait difficilement un fou rire.

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